Merci de m'avoir aider et suivi en 2015, et maintenant la suite ..........

Il y a presque un an, je me préparais à participer à ce beau challenge sur les canaux aux Pays Bas en stand-up paddle (septembre 2015). 220km sur une durée de 5 jours ! Etant la première personne en situation de handicap, j’ai écrit aux dirigeants de cette course. J’ai obtenu l’accord et tout était réuni pour que cela soit positif. Sauf que je n’avais pas de prothèse adaptée à ce sport. 
2 amies ont décidé de m’aider pour récolter des fonds afin de pouvoir financer l’achat de ce matériel essentiel. Malgré une grosse mobilisation : vente de brioches dans une boulangerie, un super concert sur une place de la Seyne/mer, avec des musiciens locaux, de la zumba et bien sûr des dons reçus, il manquait encore des fonds. Il y a eu des promesses de dons, mais ce n’est pas allé plus loin. Pourtant, je dois reconnaître que dans l’ensemble, les personnes anonymes ou que je connais, ont été très généreuses. 
Arrivée au mois de Mai 2015, je n’avais toujours pas les fonds nécessaires pour obtenir la prothèse. Protéor, fabricant de prothèses distribuant le genou BtK Sport et mon orthoprothésiste, Mr Bertrand Tourret, m’ont prêté ce genou sport pour que je puisse prendre part à la course dans les meilleures conditions possibles. 
Je me suis alors entraînée de mai à septembre avec cette prothèse. Une semaine et demie avant la course j’ai reçu ma planche, offerte par Redwoodpaddle. Manque de chance c’était une semaine très venteuse, je n’ai de ce fait pas pu faire de gros entrainements sur l’eau. Je suis restée très positive jusqu’au 1er jour de course, où le stress est monté. 
Quand je suis montée sur ma planche, je tremblais tellement mais tout c’est très vite arrangé. 
Plus de stress, mais des conditions météo horribles qui ne m’ont pas beaucoup aidées. J’ai fait mon parcours sauf un jour où je n’allais vraiment pas bien : manque de sommeil et grosse fatigue. Pour toutes ces raisons, j’ai choisi de refaire le même parcours en septembre 2016 plus un ou 2 autres challenges, beaucoup moins longs en distance à parcourir que celui aux Pays Bas, prévu pour septembre 2016.

Var Matin et le magazine Le Seynois ont toujours été généreux dans leurs articles de presse et je sais que je peux compter sur eux pour la suite.
La dernière manifestation, un gala de danse organisé par une jeune fille, future professeur de danse qui a mis en place une très belle soirée avec pas loin de 100 danseurs de 2 écoles de danse sur scène ; avec la complicité du Casino Joa de La Seyne sur Mer qui a gracieusement mis à notre disposition sa grande salle de spectacle. L’argent récolté a fini de clore la récolte de fonds pour ma prothèse, et m’aidera à payer la logistique d’au moins 2 courses pour cette année.
Grâce à la générosité et l’aide de tous et en signant le contrat avec le fabricant de la prothèse (Protéor) j’ai atteint mon objectif et j’ai désormais la prothèse tant attendue, si importante pour la pratique du paddle.
Je suis donc équipée d’un matériel performant avec genou Hybrid 2ème génération pour la marche et d’une prothèse avec un genou BtK Sport pour le paddle, avec lequel je pourrai pratiquer d’autres sports aquatiques et autres… Ces deux genoux proviennent de chez Protéor, fabricant de prothèses Français basé à Dijon.
Le genou BtK Sport m’a donné une fluidité sur ma planche, facilite les moments où je dois m’agenouiller sur ma planche pour passer sous des ponts (il y en avait énormément sur les canaux Hollandais), me remettre en position debout, sachant que j’ai passé en moyenne 8h sur la planche.
J’espère voir le jour où ce type de prothèse pourra être accessible au plus grand nombre de personnes car elle n’est pas remboursée par la sécurité sociale et reste de fait un investissement personnel pour le patient. C’est dommage pour les amputés qui aimeraient avoir une vie active et pratiquer un sport pour lequel une prothèse différente de celle pour la marche est nécessaire. 
L’année 2015 a été riche en tout et cette nouvelle année promet de l’être encore plus. Mon challenge en paddle m’a ouvert des portes, car depuis mon retour beaucoup de belles choses se sont passées. J’ai fait de belles rencontres.
En premier, et très importants à mes yeux, un contrat de partenariat signé avec Proteor et BTC Orthopédie. 
Je vais avoir la possibilité de discuter, essayer des prothèses, donner mon avis pour contribuer à l’évolution de celles-ci et assister à des congrès, etc... . Je pense que c’est important pour une personne amputée d’avoir l’avis d’une autre personne dans la même situation. 
J’ai connu Proteor lors d’une journée Handi Paddle en Septembre 2014. Cette journée avait était organisée par mon prothésiste BTC Orthopédie et ce jour-là j’ai eu la possibilité de faire du paddle pour la première fois avec le genou BtK Sport. La représentante de Proteor, avec qui on ne peut que sympathiser était présente ce jour-là et c’est grâce à elle que j’ai pu signer ce contrat.
Je viens d’être sélectionnée par la mairie de La Seyne/mer. Le samedi 12 Mars nous serons 8 femmes, mises à l’honneur, à l’occasion de la journée de la Femme pour cette 2ème édition à La Seyne/mer. Je suis la seule personne en situation de handicap.
Un nouveau challenge prévu pour Janvier 2017 : tout au long de cette année 2016, je vais par le biais de mon association mais sur un compte en banque diffèrent, récolter des fonds pour les enfants du service d’oncologie de l’Hôpital La Timone à Marseille. 
Suite à un rdv à La Timone, une liste de matériel nécessaire ou désiré pour occuper les enfants malades sera dressée. Le but est de récolter le plus possible de dons pour offrir aux enfants le maximum de ce qui leur manque. Pour cela, je vais marcher de la Mairie de La Seyne jusqu’à la Mairie de La Ciotat (une trentaine de km) et le lendemain je reprends la marche jusqu’à La Timone. C’est une belle cause d’aider ces enfants et pour moi un véritable challenge car je ferais cette marche d’environ 60km avec ma prothèse de vie quotidienne. 
Mes messages à faire passer: 
Concernant les enfants : à la suite d’un article sur Var Matin, j’ai été interpellée par un commentaire d’un papa d’une fille d’une dizaine d’années, m’ayant croisé dans la rue et qui a été choqué par mon moignon qui dépassait de mon short (car non appareillée ce jour-là). Pourtant au fil des années j’ai eu et subit des regards, des commentaires et pas toujours gentils mais là celui-ci, m’a beaucoup fait réfléchir. Alors non, je n’ai pas décidé d’arrêter de mettre des shorts et non je n’en veux pas à la fillette mais je me suis dit qu’il y avait un manque d’éducation au niveau enfance/ scolaire et que cela serait un bien d’intervenir dans les écoles. 
Pour les personnes amputées, c’est délicat car toutes les personnes n’ont pas le même esprit ou le même mode de vie, mais nous avons tous des ressources qui peuvent et qui nous aident à surmonter les épreuves difficiles et douloureuses. 
La vie reste belle. Il faut toujours regarder devant et avancer, mais de temps en temps ça fait du bien de regarder en arrière pour voir le chemin parcouru. J’espère de tout cœur que le challenge que j’ai fait aux Pays Bas, ceux à venir, et tout ce que je vais entreprendre, va aider d’autres personnes amputées et que toutes mes expériences serviront à d’autres.


Ajouté le 16/02/2016 par Valerie -